8725778Jane Dieulafoy est une femme fascinante, étonnante… Tour à tour. Romancière, photographe, journaliste, archéologue, ce n’est pas un hasard de retrouver le récit de ses aventures dans les colonnes de la célèbre revue Le Tour du monde. Partis à la recherche des origines de l’architecture occidentale, Jane et son archéologue de mari Marcel Dieulafoy sillonnent en 1881 les 6000 kilomètres d’une Perse antique qui vit encore à l’heure des Mille et Une Nuits. Des rives de la mer Noire à Ispahan, le présent volume relate les premiers mois d’un périple qui en durera quatorze pendant lesquels l’audacieuse et téméraire Jane prend des notes, des photos, et tient son ” Journal “. Tout aussi soucieuse de répertorier les multiples facettes archéologiques, politiques et sociologiques du pays qu’elle traverse, que de vivre pleinement l’aventure trépidante mais aussi dangereuse que lui propose son mari.

Quelques extraits:

Si les Persans ont des défauts insupportables, s’ils mentent et volent sans trêve ni merci, ils possèdent en revanche un fonds de résignation et de patience inépuisable. Ainsi, ces muletiers, contraints par suite de notre étourderie à changer la marche de la caravane et à la mener dans un lieu dépourvu d’eau et de vivres, ne profèrent même pas une plainte. Pourquoi récrimineraient-ils contre nous, leur colère modifierait-elle les conséquences de notre erreur ? « Dieu est grand et les Faranguis (French) sont des infidèles, se content-ils de penser à part eux. Quand on fait route avec des chiens pourris, il ne faut pas s’attendre à flairer l’odeur de la rose » 😉

L’histoire de marchand de chats 😉 A l’arrivée au caravansérail, le marchand de chats choisit une pièce isolée. Chaque animal est par rang de taille, le plus gros en tête, est séparé de son voisin par un intervalle de 30 centimètres. La troupe féline demeure tout le jour dans une sorte de léthargie et se réveille, en menant grand vacarme, aux heures des repas, exclusivement composés de viande de mouton. Alors ce sont des bonds désordonnés, des cabrioles, des cris, des miaulements désespérés, semblables aux hurlements des bêtes fauves Au départ, chacun des matous est enfermé dans le sac qui lui a servi de tapis, les sacs sont attachés deux par feux et placés en range sur un cheval, bien surpris de porter une marchandise très disposée à témoigner toutes les nuits son mécontentement par un concert de miaulements discordants.

 

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